mercredi 20 juin 2018

Note de lecture : Anatole France

“Ariste, Polyphile et Dryas” in Pierre Nozière
d’Anatole France


Je dois d’emblée le confesser : j’incline de plus en plus à délaisser l’écriture au profit de la lecture. Sans doute parce que, pour écrire, il faut s’arrêter de lire. Et quand je dis s’arrêter, je veux dire contrarier ce mouvement qui pousse à tourner la page, lequel souffre de la pause que réclame la mise en ordre des pensées dès lors qu’il est envisagé d’écrire celles que la lecture suscite. Et, à présent, plutôt que de me lancer dans ces vastes analyses qu’un livre entier semble mériter, j’aime quelquefois scribouiller un peu à propos d’un ou quelques paragraphes, là où l’envie se fait plus impérieuse.

Tout dernièrement, j’ai découvert que Michel Volkovitch avait parlé d’Anatole France sur son blog (1), expliquant notamment que « les surréalistes, à sa mort en 1924, compissèrent son œuvre avec une hargne insensée qui aujourd'hui donne envie de le lire. » Ne serait-ce peut-être que pour donner du poids à l’aveu de cette attirance, Michel Volkovitch cite notamment ces phrases, extraites de Pierre Nozière : « Les hommes ne subsistent qu'à la condition de comprendre mal le peu qu'ils comprennent. L'ignorance et l'erreur sont nécessaires à la vie comme le pain et l'eau. L'intelligence doit être, dans les sociétés, excessivement rare et faible pour rester inoffensive. […] Il faut reconnaître que l'humanité, dans son ensemble, éprouve, d'instinct, la haine de l’intelligence. »

Voilà qui m’a conduit à relire Pierre Nozière (2) et à m’arrêter sur ces trois pages intitulées “Ariste, Polyphile et Dryas” figurant à la fin du Livre deuxième, lui-même intitulé “Notes écrites par Pierre Nozière en marge de son gros ‘Plutarque’”. Non pas que la phrase citée m’ait étonné ; c’est du pur Anatole France. Mais parce que je voulais la replacer dans son contexte, subodorant une de ses habituelles tirades dont je n’avais pas gardé le souvenir. Et, comme toujours, j’y ai trouvé - paradoxalement, s’écrira-t-on - de quoi exciter l’intelligence.

Évidemment, ces phrases paraissent à première vue très provocatrices. Ramener l’intelligence à un fardeau qui n’est supportable que lorsqu’il se fait rare peut sembler très hardi, sinon contestable. Et ajouter que l’humanité « éprouve, d’instinct, la haine de l’intelligence » paraît le fait d’un boutefeu, ce que Anatole France n’était assurément pas. Cherchons donc à comprendre.

Trois personnages discutent : Ariste, Polyphile et Dryas. Commençons par isoler l’essentiel de la première déclaration de Polyphile :
« Comment pouvez-vous dire, Ariste, que l’intelligence est essentielle à l’homme ? Elle ne l’est point. L’intelligence, au degré supérieur de son développement actuel, c’est-à-dire la faculté de concevoir quelques rapports fixes dans la diversité des phénomènes, est rare et précaire chez les animaux de notre espèce. Ce n’est point par elle que l’homme subsiste. Elle ne règle pas les fonctions de la vie organique ; elle ne satisfait point la faim ni l’amour ; elle n’intervient point dans la circulation du sang. Étrangère à la nature, elle est indifférente à la morale quand elle ne lui est pas hostile. Elle n’a point déterminé les instincts profonds des êtres, les sentiments unanimes des peuples, les mœurs, les usages. Elle n’a point institué la religion sainte ni les lois augustes, qui se formèrent, dans une antiquité solennelle, sur l’exercice en commun des fonctions de la vie élémentaire. Ce que j’en dis n’est point pour rabaisser la majesté des institutions divines et humaines : vous m’entendez bien. La splendeur touchante des cultes est composée du débris informe des pharmacies primitives ; les théologies ont pour origine l’inintelligence vénérable et l’effarement sacré de nos ancêtres sauvages devant le spectacle de l’univers. Les lois ne sont que l’administration des instincts. Elles se trouvent soumises aux habitudes qu’elles prétendent soumettre ; c’est ce qui les rend supportables à la communauté. On les appelait autrefois des coutumes. Le fonds en est extrêmement ancien. L’intelligence a commencé de poindre dans les esprits quand l’homme avait déjà construit sa foi, ses mœurs, ses amours et ses haines, son impérieuse idée du bien et du mal. Elle est d’hier. Elle date des Grecs, des Égyptiens, si vous voulez, ou des Acadiens, ou des Atlantes. Elle vint après la morale, que dis-je ? après la flûte et l’essence de rose. Elle est dans ce vieil animal une nouveauté charmante et méprisable. Elle a jeté ça et là d’assez jolies lueurs, je n’en disconviens pas. Elle rayonne agréablement dans un Empédocle et dans un Galilée, qui auraient vécu plus heureux s’ils avaient eu moins d’aptitude à saisir quelques rapports fixes dans l’infinie diversité des phénomènes. L’intelligence a quelque grâce, un charme, je l’avoue. Elle plaît en quelques personnes. Rare comme elle est aujourd’hui et et retirée dans un petit nombre d’hommes méprisés, elle demeure innocente. Mais il ne faut pas s’y tromper : elle est contraire au génie de l’espèce. Si, par un malheur qui n’est point à craindre, elle pénétrait tout à coup dans la masse humaine, elle y ferait l’effet d’une solution d’ammoniaque dans une fourmilière. La vie s’arrêterait subitement. Les hommes ne subsistent qu’à la condition de comprendre mal le peu qu’ils comprennent. L’ignorance et l’erreur sont nécessaires à la vie comme le pain et l’eau. L’intelligence doit être, dans les sociétés, excessivement rare et faible pour rester inoffensive.
C’est ce qui se produit, en effet. Non que tout soit réglé dans le monde pour la conservation des êtres, mais parce que les êtres ne se conservent que dans des circonstances favorables. Il faut reconnaître que l’humanité, dans son ensemble, éprouve, d’instinct, la haine de l’intelligence. Le sentiment obscur et profond de son intérêt l’y pousse.
 » (pp. 162-164)

Comment prendre cette déclaration, comment la comprendre ? Où s’arrête l’ironie, où commence la réflexion ? Est-ce là une rhétorique brillante ou serait-ce plutôt une de ces idées qui défie le sens commun ? Cache-t-elle le plaisir de contrarier les convictions les mieux assises ou au contraire la force d’une hypothèse qui renvoie la connaissance à ses méfaits ?

Il n’est pas inutile, je crois, de s’interroger sur l’origine première de ce texte. Il arrivait à Anatole France de réutiliser des passages déjà écrits dans d’autres circonstances, particulièrement lorsque l’ouvrage sur le métier était une commande assortie d’un délai de livraison. En l’occurrence, Pierre Nozière répond à des engagements pris par l’auteur vis-à-vis de l’éditeur Lemerre en 1878, juste avant qu’il ne quitte ce dernier pour Calmann-Lévy. Les délais initiaux étaient évidemment très largement dépassés, puisque ce ne fut qu’en 1899 que parut enfin l’ouvrage promis. Et l’effort consenti à cette fin se mesure notamment à la structure assez décousue du livre et à l’exploitation faite de pages déjà écrites. En fait, les propos de Polyphile sont ceux que tient M. Bergeret dans un épisode de l’Histoire contemporaine, publié le 29 mars 1898 dans l’Écho de Paris sous le titre “Propos en l’air”. (3)

Des propos en l’air ? S’agit-il de cela ?

Lorsque M. Bergeret les prononce, il objecte à l’opinion du commandeur Aspertini, lequel se prétend accablé de douleurs et d’indignation face aux défaites de l’intelligence. Or, quelle est cette défaite qui le conduit à formuler le principe de cet accablement ? Rien de moins que le succès qu’avait obtenu un faussaire nommé Vrain-Lucas, une duperie que France raconte sous le titre “Une vieille affaire” dans l’épisode du 22 mars 1898 de l’Histoire contemporaine (4). Or, parlant des contrefaçons de documents et de lettres avec lesquelles Vrain-Lucas aurait trompé savants, experts et même l’Académie, M. Bergeret n’hésite pas à dire qu’il « y distingue un goût non médiocre pour l’absurde et une puissance de bouffonnerie qu’[il] appelle génie ». En l’occurrence, ceux qui furent induits en erreur - considérés comme des autorités en leur domaine - sont ceux-là dont la mésaventure accable Aspertini. Qu’il s’agisse de moquer les experts qui se voient si souvent prêter une intelligence quelque peu usurpée, il n’y a là rien d’étonnant. Mais peut-on en déduire que, lancé dans cette raillerie, il en soit venu à disserter sur l’intelligence de pareille façon ? Je ne le crois pas.

Même si la notion d’intelligence mérite sans nul doute d’être appréhendée avec la plus grande prudence, il convient, je crois, de clairement distinguer l’intelligence dont, souvent abusivement, se reconnaissent pourvus ceux que leur position sociale, leurs titres ou leur notoriété autorisent à le croire et l’intelligence de laquelle on attend une efficacité - voire des prouesses - que la sottise ne peut espérer. Or, c’est bien de la seconde et non de la première que parle M. Bergeret et, conséquemment Polyphile. L’intelligence, dit-il, est « la faculté de concevoir quelques rapports fixes dans la diversité des phénomènes » (p. 177), définition qu’il répète un peu plus loin, alors qu’il évoque Galilée, lequel « aurait vécu plus heureux s’il avait eu moins d’aptitude à saisir quelques rapports fixes dans l’infinie diversité des phénomènes » (p. 178). (5)

Cette définition est d’allure très positiviste, ce qui n’a rien d’étonnant pour l’époque où elle fut formulée. (6) S’en prévaloir dans son discours montre qu’il n’est déjà pas question, dans le chef de M. Bergeret, de prolonger une raillerie visant l’usurpation d’intelligence. A fortiori lorsqu’elle est placée dans la bouche de Polyphile, puisque celui-ci n’est pas sensé connaître et encore moins évoquer le cas de Vrains-Lucas. C’est donc bien l’intelligence, en ce qu’elle désigne une certaine propension à la lucidité, qui est visée et jugée nuisible dès lors qu’elle cesserait d’être rare.

On pourrait également croire que le propos émane d’un pyrrhonien et renvoie l’intelligence au caractère illusoire de ses résultats. Puisque rien ne peut être dit de la vérité des choses et que l’intelligence a la prétention d’y parvenir, elle ne mérite que d’être dénoncée. Que ce soient le personnage ou Anatole France lui-même qui se fassent radicalement sceptiques, il est malaisé de croire que le propos soit de cette sorte. Car bien des arguments utilisés s’en écartent. L’homme ne serait pas devenu ce qu’il est grâce son intelligence, est-il affirmé, mais plutôt au départ de « sa foi, ses mœurs, ses amours et ses haines », et surtout en raison de « son impérieuse idée du bien et du mal ». C’est la morale qui aurait guidé l’homme, bien avant son intelligence, laquelle n’aurait exercé un rôle qu’après, « après la flûte et l’essence de rose » même.

Nous devons donc en convenir, c’est bien à l’intelligence elle-même que Polyphile s’en prend et qu’il affirme craindre, sans ambiguïté, qu’elle pénètre la masse - entendez la grande majorité des gens -, là où elle ferait « l’effet d’une solution d’ammoniaque dans une fourmilière ». L’image est assez significative, car la fourmilière est à l’époque l’exemple même d’une société animale dont l’extraordinaire organisation ne doit rien à l’intelligence et l’ammoniaque symbolise assurément l’artefact issu du monde scientifique.

Mais Ariste va répondre et rappeler que la faculté dont il est question est aussi ancienne que les premiers efforts grâce auxquels les humains ont assuré leur survie. « Ce n’est point l’intelligence qui est funeste à l’humanité, dira-t-il, ce sont les erreurs de l’intelligence. » (p. 564) Polyphile insiste cependant : « À tout le moins, vous reconnaissez avec moi que les croyances, la morale et les lois ne dérivent point d’une interprétation rationnelle des phénomènes de la nature, qu’une libre intelligence de ces phénomènes affaiblit les préjugés nécessaires, et que la faculté de beaucoup connaître est une monstruosité funeste. » (p. 564) Et finalement, Ariste brocarde son interlocuteur en lui lançant : « Je m’aperçois, Polyphile, que vous faites à l’intelligence une querelle d’amoureux. Vous l’accablez de reproches parce qu’elle n’est pas la reine du monde. Son empire n’est point absolu. Mais c’est une dame de bien qui n’est pas sans crédit dans plusieurs honnêtes maisons, et dont la puissante douceur agit même en cette ville, située au bord d’un large fleuve, dans une fertile vallée. » (p. 565)

L’ensemble du texte, il faut en convenir, n’est pas sans incertitude quant au sens qu’il suppose à des mots comme intelligence, mais aussi préjugé, phénomène, malheur, coutume, nature, etc. Il témoigne néanmoins d’un souci de pousser l’interrogation jusqu’à un niveau où l’on se garde habituellement de s’aventurer. Refaisons rapidement le point.

Il me semble indispensable de commencer par insister sur le caractère inaccessible, incompréhensible - inintelligible devrais-je dire - de l’intelligence. D’abord parce que les diverses facultés dont l’humain peut user pour comprendre les choses, que ce soit par le désir de connaître ou par la nécessité d’agir, sont à ce point variées et énigmatiques qu’il me paraît vain de tenter d’en définir les caractères. Toutes les méthodes qui prétendent venir à bout de cette mesure souffrent du même défaut : elles circonscrivent toutes un champ cognitif particulier dont elles font le critère exclusif, y compris et surtout lorsqu’elles affirment les viser tous. En l’occurrence, l’intelligence dont Ariste, Polyphile et Dryas discutent se borne à la faculté de démêler le vrai du faux, telle que la démarche scientifique prétend en user depuis le début du XVIIème siècle. C’est assurément là une conception très estimable de l’intelligence, puisqu’elle lui reconnaît de mettre la raison au service d’une incessante surveillance visant à déjouer l’erreur. Mais elle méconnaît, par exemple, toutes les qualités d’adaptation dont font preuve ceux qui découvrent les gestes adroits propres à réussir une performance quelconque. Il existe même, encore aujourd’hui, une habileté rhétorique qui passe volontiers pour un signe d’intelligence, là où elle n’est le plus souvent qu’un certain savoir-faire apte à donner du crédit à une opinion, sans nécessairement en fournir les justifications idoines. L’anti-intellectualisme y a justement trouvé à redire, même s’il jette souvent le bébé avec l’eau du bain.

Les propos qu’Anatole France prête à Polyphile (ou à M. Bergeret) entremêlent confusément plusieurs questions. D’abord, celle de la cause principale des évolutions sociales, pratiques et cognitives que l’on appelait à l’époque le progrès. Ensuite, celle des bienfaits et des méfaits que l’intelligence et la sottise peuvent entraîner chez les humains. Celle encore de l’attitude du grand nombre envers l’intelligence. Enfin, celle des limites et des dangers de l’intelligence.

Efforçons-nous de les pousser plus loin encore. Voici alors que l’interrogation porte essentiellement sur deux aspects de la vie humaine - de la courte vie humaine, devrais-je dire -, non seulement sur le peu de temps qui voit la vie de chaque homme aller de sa naissance à son trépas, mais encore de la brève existence de l’espèce humaine rapportée à la durée des choses. L’intelligence, telle que l’incarne la faculté de « concevoir quelques rapports fixes dans la diversité des phénomènes », mais plus généralement la possibilité de s’adapter à un milieu changeant et, mieux encore, de changer son milieu pour l’adapter à ses possibilités, est-elle un bienfait, une force, une ressource dont les humains peuvent bénéficier, ou au contraire un entrave à une vie animale apte à rester en harmonie avec un milieu en évolution lente ? Depuis Anatole France, cette problématique a pris une importance autrement importante que celle qu’elle a pu avoir à une époque où un sceptique raillait le scientisme ambiant, notamment en raison des signes patents de dangers nouveaux (démographiques, environnementaux, sanitaires, sociaux, etc.). Ce sont là des dangers qui, pour une bonne part, sont issus de ce qui fut appelé en son temps des progrès et qui sont le produit de nouveautés visant à nous mettre à l’abri d’autres dangers primaires (famine, maladie, ignorance technique, inconfort de vie, etc.). Indépendamment de la question de la capacité qu’aurait l’intelligence à nous aider à démêler le vrai du faux (7), se pose donc la question de savoir si ce qui fut souvent regardé comme ce qui distingue l’homme de l’animal - le langage et la pensée - n’est pas un handicap supplémentaire qui pourrait finalement écourter la durée de l’espèce plutôt que de l’aider à se prolonger.

Reste à se demander si le secours éventuel de l’intelligence serait plus efficace lorsque celle-ci ne se manifeste que rarement et n’atteint pas la grande masse. On voit bien l’intérêt qu’offre la rareté des élites intellectuelles, lorsqu’on attend d’elles qu’elles rayonnent sur la société et influent sur son évolution. Mais alors, ce serait lui rendre une dignité qu’on avait commencé par lui contester. Voilà sans doute ce qui a conduit Anatole France a laissé le dernier mot à Ariste, lequel a reproché à Polyphile de faire « à l’intelligence une querelle d’amoureux ».

(1) On trouvera ses propos sur le site http://www.volkovitch.com/, à la rubrique “Brèves” (n° 177 de juin 2018), juste avant la photo du livre évoqué - en l’occurrence Pierre Nozière -, redécouvert dans la célèbre collection Nelson. À noter que Michel Volkovitch juge aussi l’écriture d’Anatole France de cette façon : « Prose agréable, certes, souriante, un peu douceâtre à la longue. On se dit que la désuétude, malgré ses charmes, n'est pas toujours une vertu. » Je le comprends, dès lors que le ton de France, ajusté à son scepticisme, prend souvent cet air de ne pas y toucher qui peut facilement donner un faux air de supériorité, quelque chose comme une faconde douceâtre, oui douceâtre.
(2) Anatole France, Œuvres III, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, 1991, pp. 485-645.
(3) Cf. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8017685/f1.item. Ce texte, qui n’a finalement pas été inséré dans L’anneau d’améthyste tel que publié la même année, a été ajouté au tome III des Œuvres déjà cité (pp. 176-180).
(4) Cf. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k801761h.item et, dans le tome III des Œuvres, pp. 173-176.
(5) Dans “Ariste, Polyphile et Dryas”, on retrouve donc les mêmes mots, si ce n’est que ceux « qui auraient vécu plus heureux s’ils avaient eu moins d’aptitude à saisir quelques rapports fixes dans l’infinie diversité des phénomènes » sont cette fois Empédocle et Galilée, associés dans le même malheur auquel condamnerait l’intelligence.
(6) Je suivis au milieu des années 60, à l’Université de Liège, le cours de sociologie du professeur René Clémens, lui-même très positiviste ; il aimait répéter une définition ainsi formulée : « la science est l’étude systématique des relations constantes existant entre les faits ». Pas bien loin de la définition de M. Bergeret, assurément.
(7) Sur ce point, je ne puis que renvoyer à l’exposé de la question qu’en fit Jacques Bouveresse dans un film de Gilles L’Hôte il y a dix ans de cela : Le besoin de croyance et le besoin de vérité.

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